Kuqa (également connue sous le nom de Kucha, 库车 / 龟兹) n’était pas une destination où nous avions prévu de nous attarder. Après près de deux semaines passées sur les routes du Xinjiang, nous étions déjà un peu épuisés : trop de réveils matinaux, trop de trajets en bus, trop de choses à « caser » dans notre programme.
Mais Kuqa s’est avérée être l’intermède tranquille idéal : une ville paisible, compacte et pleine de petits bonheurs qui ne se révèlent que lorsque l’on cesse de courir.
Jour 1 — Des portes colorées, des ruelles tranquilles et une mosquée baignée de soleil
Nous avons commencé notre matinée dans le vieux quartier, près de la ruelle de Qiuci (龟兹小巷).
Ce qui m’a d’abord frappée, ce sont les portes — ni à vendre, ni destinées à un marché, juste de simples vitrines bordant les ruelles. Des tons pastel délicats, des bleus intenses, des motifs sculptés à la main… Chaque porte semblait avoir absorbé des décennies d’histoires. J’avais vu de magnifiques photos sur Internet avant de venir, mais découvrir ces couleurs en vrai était une expérience tout à fait différente. Elles semblaient décolorées par le soleil, mais fières, un petit poème visuel propre à Kuqa.




Ici, le petit matin est paisible. Le soleil n’a pas encore réchauffé l’air, et les rues sont encore à demi endormies.



Nous avons flâné dans la ruelle de Jigu (击鼓巷), une petite allée aux décorations charmantes. Un peuplier euphratique nu et noueux — à la fois à moitié mort et à moitié ancien — se dressait tranquillement au bord du chemin. Nous sommes rapidement arrivés à la Grande Mosquée de Kuqa (库车大寺).






À l’intérieur, la mosquée semblait petite mais sereine, avec ses vieilles poutres en bois et la lumière du soleil qui filtrait à travers les fenêtres en bandes douces. On peut y nourrir les pigeons, admirer les tapis et jeter un œil aux maisons anciennes encore préservées autour de la cour.
Une partie de moi ressentait une légère tristesse — peut-être parce que cet espace fait désormais davantage office de site touristique que de lieu de prière actif. Je ne savais pas vraiment s’il s’agissait encore d’une communauté religieuse vivante. Mais ce n’est là que l’impression d’un simple visiteur de passage ; je ne peux pas prétendre connaître toute l’histoire.
En quittant la mosquée, nous avons marché lentement vers le palais royal de Kuqa (库车王府) à travers des rues parsemées de recoins et de textures intéressants.






Jour 1 (après-midi) — Le palais royal de Kuqa et l’histoire de la dernière princesse
Le palais était bondé — il y avait bien plus de monde que je ne m’y attendais pour un après-midi de semaine. Certaines salles étaient prises d’assaut, en particulier celle consacrée à l’histoire de la dernière princesse de Kuqa.
Au début, je me suis demandé pourquoi tout le monde semblait obsédé par cette seule exposition. Puis je me suis souvenu de ce qu’un chauffeur nous avait dit un jour :
« Elle a épousé le prince alors qu’elle avait une vingtaine d’années — et lui en avait déjà septante. »




Tout à coup, cette fascination a pris tout son sens. L’architecture du palais est grandiose, avec de vastes cours où se déroulent parfois des danses traditionnelles. Mais d’un point de vue culturel, le palais évoque quelque chose de plus profond :
C’était autrefois le cœur de l’ancien royaume de Qiuci (龟兹王国) — l’un des grands centres bouddhistes le long de la Route de la Soie, réputé pour sa musique, ses fresques, ses temples troglodytes et son incroyable hybridité artistique.
Curieusement, de nombreuses expositions ressemblaient à ce que nous avions vu ailleurs au Xinjiang. L’essence est bien là, mais la distinction entre l’héritage unique de Qiuci à Kuqa et la culture populaire générale du Xinjiang est plus difficile à saisir pour un voyageur occasionnel.
Jour 1 (soir) — La vieille rue de Re’stan et le pèlerinage quotidien à la glace
Après la visite du palais, nous nous sommes rendus à pied à la vieille rue de Re’stan (热斯坦老街) — et cette fois-ci, la rue était animée. Les stands de nourriture grésillaient, les marchands criaient leurs prix et les portes en bois aux couleurs vives offraient un décor parfait pour les photos.
Nous avons acheté des dattes rouges et du thé aux fleurs, flâné devant des boutiques d’artisanat et, surtout, trouvé le glacier.
C’était tellement bon que nous y sommes retournés tous les jours pendant nos trois jours à Kuqa.
Cela en dit long.
Plus tard, nous nous sommes glissés dans un petit café avec cour intérieure. Contrairement aux bâtiments de style européen où le jardin donne sur la rue, les maisons ouïghoures possèdent souvent des cours intérieures fermées, cachées derrière des murs sobres. Ce café suivait le même agencement : simple, calme et désert, à l’exception de notre présence.




Le café était un peu amer et pas très corsé, mais le calme de la cour compensait largement ce petit défaut.
Nous sommes passés devant un mur orné de fenêtres décoratives — une mise en scène commerciale très évidente. Et pourtant… c’était visuellement saisissant. Ça m’a plu quand même. Voyager ne doit pas toujours être une expérience philosophique.
Nous avons également visité une boutique vendant des objets d’art en bois de peuplier de l’Euphrate, puis nous nous sommes arrêtés à Hat Alley (花帽巷), bordée de chapeaux traditionnels colorés.



Au moment de rentrer à l’hôtel, nous avons réalisé que
nous étions trop fatigués pour participer à une quelconque visite guidée. Notre projet initial de réserver une excursion dans les grottes bouddhistes est passé au second plan. Et honnêtement ? Ça faisait du bien de ne rien faire.
Jour 2 — Grand Naan City et une autre journée tranquille



Le lendemain matin, nous avons visité la Grand Naan City de Kuqa (库车大馕城) — une visite simple et légère présentant la culture et le processus de fabrication du célèbre naan du Xinjiang. Ce n’est pas un incontournable, mais c’était agréable.
Nous sommes retournés à la ruelle de Qiuci, avons mangé des nouilles sautées et des brochettes de viande dans la rue Ha’erbage (海尔巴格), et bien sûr… encore de la glace.




Quand on ne s’aventure pas hors de la ville, Kuqa se résume à une routine faite de balades, de repas et de moments où l’on savoure ce rythme tranquille — et cela nous convenait parfaitement.
Jour 3 — Un adieu en douceur
Le dernier matin, nous avons flâné une dernière fois sans but dans Kuqa. L’après-midi, nous avons pris l’avion pour Turpan.
Avec le recul, Kouqa n’était pas une destination de grandes attractions ou de sites incontournables.
C’était plutôt une question de ruelles tranquilles, de chaleur bienveillante et de la possibilité de ralentir le rythme.










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