23 septembre 2025
La veille, je ne m’étais pas douché, pour essayer d’éviter le mal des montagnes.
Le lendemain matin, en attendant notre chauffeur, je me suis promené à l’extérieur de la maison d’hôtes. Le paysage semblait désertique et infini.
Au loin, un cheval se tenait seul, immobile. J’avais l’impression de me réveiller au bout du monde.


🏰 Stone City 石头城 – Les vestiges de la Route de la Soie
Notre premier arrêt fut la Cité de pierre (石头城).
Ce fut autrefois une forteresse majeure de la Route de la Soie, et certains disent que le moine Tang Xuanzang y aurait prêché. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un champ de ruines : des murs effondrés, des pierres éparpillées.





À l’entrée, des artistes traditionnels chantaient magnifiquement.
Nous avons pris la navette pour entrer sur le site et avons longé le long sentier en bois.
Honnêtement, si l’on ne connaît pas l’histoire, il n’y a pas grand-chose « à voir ».
Ce ne sont que des ruines — et sans contexte, cela semble vide.
Il faut vraiment prendre son temps, lire les panneaux ou imaginer ce qui existait autrefois ici. Ce n’est qu’alors que le silence prend tout son sens.
Il y avait d’autres espaces culturels à l’intérieur du site, mais je les ai ignorés — je ne savais pas s’ils valaient le détour.
🌾 La prairie dorée 金草滩 – Beauté ou simple herbe morte ?
Je me suis ensuite rendu à la prairie dorée (金草滩 Jīncǎotān).
Le soleil brillait, la chaleur montait. Le nom a une consonance poétique, mais ce que j’ai vu ressemblait à un champ d’herbe sèche et morte.



C’est peut-être parce que je viens d’une région sans saisons que je ne suis pas sensible à ce genre de « beauté automnale ». Beaucoup de gens trouvent cela romantique — moi, ça ne m’a pas vraiment touché.
C’est peut-être aussi parce que je ne suis plus très attirée par les lieux « uniquement photogéniques ».
Mais j’ai beaucoup aimé les cygnes noirs sur le lac : leurs reflets étaient magnifiques.
Si l’on parle de paysages arides qui bouleversent les sens, l’Iran m’a tout de même semblé plus impressionnant.
Peut-être parce que c’était ma première expérience d’un environnement désertique, tout me paraissait nouveau à l’époque.
Tashkurgan offre une sorte de vide un peu plus adouci — on y aperçoit encore, de temps à autre, un arbre.
Cela dit, puisque nous avons fait tout ce chemin, la « Prairie dorée » vaut le détour.
🐉 La route de Panlong (盘龙古道) – La route qui m’a fait regretter mon choix
Puis vint l’ancienne route de Panlong (盘龙古道 Pánlóng Gǔdào) — cette célèbre route de montagne sinueuse.
Notre chauffeur conduisait prudemment et s’arrêtait à chaque point de vue pour prendre des photos. Les panoramas étaient vraiment spectaculaires.



Mais honnêtement, nous sommes davantage des voyageurs « en quête d’expériences » que « en quête de photos ».
À mi-parcours, j’ai regretté d’avoir choisi cet itinéraire.
Les virages sans fin rendaient le trajet interminable et donnaient le vertige.
Le chauffeur a ralenti pour éviter le mal des transports — ce qui, ironiquement, a donné l’impression que le trajet était encore plus long.
C’est une route à faire « une fois dans sa vie ».
Magnifique, mais je ne le referais certainement pas. 😅
🏞 Lac White Sand 白沙湖 – Le calme au cœur d’une terre aride
Après toutes ces courbes, nous avons enfin atteint le lac White Sand (白沙湖 Báishā Hú).
Le lac était immense : des vagues d’un bleu profond entourées d’une terre presque dépourvue d’arbres.



Dans un endroit qui semble si aride, cette abondance d’eau semblait surréaliste.
Nous nous sommes arrêtés à plusieurs points de vue, chacun offrant une ambiance différente.
Nous sommes également passés devant l’« Œil du Pamir » (帕米尔之眼 Pàmǐ’ěr zhī Yǎn), un lieu très en vogue pour prendre des photos.
Mais pour moi, le lac White Sand a été le véritable point d’orgue de tout le voyage à Tashkurgan.
Son calme semblait plus intense encore que le paysage lui-même.
🌄 Muyun Guesthouse 暮云山庄 – Trop froid pour admirer le coucher de soleil, mais le steak de yack en valait la peine
Notre dernière étape était la maison d’hôtes Muyun (暮云山庄 Mùyún Shānzhuāng) dans le village de Subashi.
Nous avions prévu d’admirer le reflet du soleil couchant sur les montagnes, mais le vent était trop fort et le froid trop vif.
Nous avons abandonné à mi-chemin et sommes rentrés.


Le dîner, en revanche, était fantastique.
Le steak de yack épicé (香辣牦牛排) et les plats fermiers étaient savoureux, copieux, pas bon marché — mais c’était sans conteste la meilleure viande que j’aie mangée au Xinjiang.
Ce jour-là a été le plus froid à Tashkurgan, mais ce repas m’a semblé être le moment le plus chaleureux.
🌬 Réflexions
Tashkurgan donne l’impression d’être un endroit où « il ne se passe rien », et pourtant, d’une certaine manière, il vous laisse beaucoup de matière à réflexion.
C’est un lieu calme, désert, immense — et si vous aimez les paysages qui ne cherchent pas à vous impressionner à tout prix, cet endroit restera gravé dans votre mémoire.










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