13 janvier 2026
Montserrat : une montagne de foi et de pierre
Nous avons choisi Montserrat presque par hasard.
Barcelone commençait à nous sembler familière : le labyrinthe du quartier gothique, les façades aux teintes dorées, le rythme des cafés débordant sur les ruelles étroites. Nous voulions quelque chose de différent. Quelque chose de vertical. Quelque chose de plus ancien que la ville.
Je ne savais que très peu de choses sur Montserrat. Juste qu’il y avait un monastère. Et que quelque part au cœur de ces montagnes, des garçons chantaient depuis des siècles.
Cela nous suffisait.
La montagne qui ressemble à une lame de scie
Montserrat s’élève brusquement de la plaine catalane comme une cathédrale brisée, sculptée par la géologie elle-même.
Son nom signifie « montagne dentelée », et de loin, elle ressemble véritablement à une rangée de dents irrégulières mordant le ciel. Ces formations rocheuses se sont façonnées au fil de millions d’années — sédiments comprimés, soulevés, érodés — jusqu’à ce que le paysage devienne quelque chose qui semble presque sculpté plutôt que naturel.
Contrairement aux collines douces des autres régions méditerranéennes, Montserrat dégage quelque chose de spectaculaire. De brusque. De symbolique.
Et c’est peut-être pour cela qu’elle est devenue un lieu sacré.
À seulement une heure de Barcelone, on a l’impression d’être dans un monde complètement différent — plus calme, plus saisissant, plus proche du ciel.
Comment se rendre à Montserrat depuis Barcelone




Il existe plusieurs moyens de rejoindre la montagne :
1. Train Train à crémaillère (Cremallera)
Train FGC R5 depuis la Plaça Espanya → Monistrol de Montserrat → Train à crémaillère pour monter la montagne.
2. Train Téléphérique (Aeri)
Train FGC R5 → Aeri de Montserrat → montée en téléphérique.
3. En voiture
Environ une heure en voiture ; parking payant disponible au monastère.
4. Visite guidée
Visites organisées en autocar comprenant le transport et l’accès au monastère.
Nous avons choisi le train à crémaillère.
Non pas par stratégie, mais simplement parce qu’il semblait plus stable en hiver.
Pourquoi nous avons acheté des billets groupés séparés
Au lieu d’acheter le forfait Montserrat tout compris, nous avons pris une décision modeste mais importante.
Nous avons acheté :
- un forfait pour le transport (aller-retour en train à crémaillère)
- Un autre forfait séparé pour les attractions (musée, spectacle audiovisuel, accès à la Vierge noire)
Et avec le recul, cela s’est avéré bien plus judicieux.
Janvier est la basse saison touristique. Lors de notre visite, le funiculaire de Sant Joan était fermé pour entretien — ce qui arrive souvent en hiver.
Si nous avions acheté le forfait complet de type « Tot Montserrat », nous aurions payé pour :
- Des trajets en funiculaire que nous n’avons pas pu utiliser
- Des prestations supplémentaires dont nous n’avions pas besoin
- Un prix global plus élevé
En séparant le transport des attractions, nous n’avons payé que ce que nous avons réellement utilisé.
Cela nous a semblé plus réfléchi. Plus flexible. Moins gaspilleur.
Parfois, l’option la plus judicieuse n’est pas la plus pratique, mais celle qui tient compte de la saison à laquelle vous voyagez.
Tableau comparatif des billets (référence 2026)
| Option | Comprend | Idéal pour | Prix approx. (€) | Remarques |
|---|---|---|---|---|
| Transport uniquement | Train Aller-retour en train à crémaillère | Randonneurs, visiteurs du monastère | 23–28 | Le plus flexible |
| Forfait « Tot Montserrat » | Transport Musée Funiculaire Audioguide | Première expérience complète | 45–60 | Idéal lorsque tous les services fonctionnent |
| Transport séparé Attractions (notre sélection) | Forfait transport Forfait attractions | Visiteurs en hiver | 35–45 | Une bonne option si le funiculaire est fermé |
| Visite guidée | Autocar Guide Entrée | Courts séjours | 60–90 | La commodité prime sur la flexibilité |
Vérifiez toujours les fermetures saisonnières avant d’acheter des forfaits combinés.
L’ascension : à l’assaut du froid

Nous avons pris le train à crémaillère :
la Cremallera de Montserrat
Le train grimpait lentement, presque solennellement, s’accrochant à la montagne avec une patience mécanique. Par la fenêtre, les plaines s’éloignaient. L’air se raréfiait. La palette de couleurs passait des tons chauds de la ville aux teintes froides de la pierre hivernale.
Il faisait froid.
Mon ami ne pouvait s’empêcher de grelotter.
Et pourtant, lorsque nous sommes descendus au sommet, le froid est passé au second plan.
Les montagnes se dressaient autour de nous telles des gardiennes — la brume s’entremêlant entre leurs sommets. L’espace d’un instant, nous avons eu l’impression d’avoir pénétré dans un tableau laissé inachevé par le temps.
Plus qu’un monastère : une montagne pour les randonneurs
Je pensais que les gens ne venaient ici que pour le monastère.
Je me trompais.
Beaucoup viennent uniquement pour faire de la randonnée.
Et je comprends pourquoi.
Les sentiers serpentent entre des pics rocheux et des points de vue qui s’étendent à perte de vue sur la Catalogne. À certains endroits, les nuages dérivent en dessous de la ligne des yeux, et on a l’impression d’être suspendu entre la terre et le ciel.
Il y régnait une sérénité que l’on ne retrouve jamais à Barcelone.
Nous avons marché pendant environ une heure avant de redescendre pour honorer nos rendez-vous. J’aurais pu continuer bien plus longtemps. Il y a quelque chose d’addictif dans le calme des hauteurs.
Le cœur de Montserrat
Au centre se dresse l’abbaye de Santa Maria de Montserrat.
Fondée en 1025, elle abrite La Moreneta — la Vierge noire, une sculpture romane du XIIe siècle devenue l’un des symboles religieux les plus importants de la Catalogne.
La légende raconte que ce sont des enfants bergers qui ont découvert la statue dans une grotte. Lorsque les villageois ont tenté de la déplacer, elle est devenue incroyablement lourde — ce qui a été interprété comme un signe divin indiquant qu’elle devait rester sur la montagne.
Sous la dictature de Franco, alors que la culture catalane était réprimée, Montserrat a discrètement préservé la langue et l’identité catalanes. Ce n’est pas seulement un lieu de culte : c’est une mémoire politique gravée dans la pierre.
À l’intérieur, on sent les couches de l’histoire nous envelopper doucement.


Le son des siècles
Nous avons programmé notre visite pour assister à la prestation de la chorale.
L’Escolania de Montserrat chante ici depuis le XIIIe siècle. C’est l’une des plus anciennes chorales de garçons d’Europe.
Lorsque leurs voix se sont élevées à l’intérieur de la basilique, quelque chose a changé.
Ce n’était ni dramatique, ni théâtral.
C’était pur.
Même si vous n’êtes pas croyant, ce son semble ancien — comme s’il appartenait à la montagne elle-même.
Montserrat opère quelque chose de plus subtil : il vous marque à jamais.




Un univers à part
Ce qui m’a le plus fasciné, c’est le sentiment de complétude qui se dégageait de cet endroit.
Il n’y a pas de restaurants éparpillés ici et là : il y a une grande cafétéria conçue pour accueillir des vagues de pèlerins. On y trouve des rangées de toilettes, une grande boutique de souvenirs, un ou deux hôtels, un musée et le monastère lui-même.
On a l’impression d’une ville à part entière qui n’existe que pour un seul et même but.
Le pèlerinage.
Et pourtant, en hiver, on ne se sentait pas submergé. La basse saison adoucissait l’atmosphère. Nous avons trouvé des places assises dans le train du retour sans avoir à rester debout pendant tout le trajet — ce qui n’aurait peut-être pas été possible en été.


Le musée : étonnamment moderne
Le musée m’a surpris.
On y trouve des œuvres du Caravage, d’El Greco, de Picasso, de Dalí — des noms que l’on ne s’attend pas à rencontrer sur une montagne.
Les installations numériques interactives étaient sophistiquées, subtiles et parfaitement intégrées. Pour un lieu aussi isolé, ce mélange de dévotion ancestrale et de commissariat d’exposition moderne semblait presque symbolique de la Catalogne elle-même : profondément enracinée, mais tournée vers l’avenir.
Même moi, qui évite habituellement les expositions interactives, je me suis surpris à m’y attarder.
Retour à Barcelone
À mesure que nous descendions, les plaines s’élargissaient à nouveau. Le froid relâchait son emprise.
De retour à Barcelone, la ville semblait plus chaleureuse — plus animée — plus humaine.
J’en ai profité pour acheter de l’huile d’olive. Nous avons mangé une pizza. Nous avons de nouveau flâné.
Ce n’était qu’une journée.
Et pourtant, Montserrat nous a marqués plus longtemps que prévu.
Réflexion finale
J’y retournerais.
Pas seulement pour le monastère. Pas seulement pour la Vierge noire.
Mais pour la montagne elle-même.
Pour la sensation de marcher parmi les rochers et la brume. Pour le calme. Pour l’histoire aux multiples facettes gravée dans la roche.
Certains lieux vous impressionnent par leur grandeur.










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