Hall of Prayer for Good Harvests at the Temple of Heaven in Beijing, China with traditional Chinese temple roofs in the foreground.

Pékin, 3e jour : le Temple du Ciel, l'architecture ancienne et une balade nocturne dans le quartier de Shichahai

Pékin — 12 octobre 2025


Matinée au Temple du Ciel (天坛) — Le temple royal du Ciel

Notre matinée a commencé au magnifique Temple du Ciel (天坛 / Tiāntán), l’un des sites cérémoniels les plus importants de la Chine impériale.

Construit en 1420 sous le règne de l’empereur Yongle de la dynastie Ming, ce complexe servait de lieu sacré où les empereurs célébraient chaque année des cérémonies pour prier en faveur de bonnes récoltes et d’un climat clément. Dans la Chine ancienne, l’empereur était considéré comme le « Fils du Ciel » (天子) — le médiateur entre les cieux et le monde terrestre. Si les récoltes étaient mauvaises, on pensait que le ciel avait retiré sa faveur.

En me promenant dans le vaste parc entourant le temple, l’air frais du matin était empli du brouhaha des visiteurs et des groupes de touristes. Malgré la foule, les lieux dégageaient toujours une impression de grandeur et de sérénité.

Le clou de la visite est bien sûr l’emblématique Salle des prières pour les bonnes récoltes, cette impressionnante structure circulaire à triple toit qui est devenue l’un des monuments les plus reconnaissables de Pékin.

Le symbolisme architectural de ce lieu est fascinant :

Contrairement à la plupart des édifices impériaux chinois qui reposent sur des fondations carrées, le Temple du Ciel intègre délibérément des formes circulaires pour souligner son lien avec l’univers.

Malgré la foule, il y avait quelque chose de très beau à simplement se promener dans ce vaste parc — en passant devant d’anciens cyprès, des cours ouvertes et les sculptures éparpillées ici et là dans le complexe.

On avait l’impression de déambuler dans un paysage sacré conçu pour refléter l’harmonie entre le ciel, la terre et l’humanité.

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À la découverte du Musée de l’architecture ancienne de Pékin

Après avoir exploré l’enceinte du Temple du Ciel, nous nous sommes rendus au Musée de l’architecture ancienne de Pékin, moins connu mais tout aussi fascinant.

Situé au sein du complexe historique de Xiannongtan (autel de l’agriculture), ce musée est consacré à l’histoire et au savoir-faire de l’architecture traditionnelle chinoise — un sujet qui prend tout son sens après avoir visité les temples et les palais de Pékin.

Le musée est particulièrement célèbre pour ses extraordinaires « plafonds à caissons » (藻井 / Zǎojǐng).

Un plafond à caissons est une structure décorative en retrait que l’on trouvait souvent dans les temples, palais et salles de cérémonie importants de la Chine ancienne. Ces constructions en bois élaborées ressemblent à un dôme géométrique en trois dimensions, composé de plusieurs couches de consoles en bois complexes, de sculptures et de motifs peints.

En observer un de près permet de découvrir toute la sophistication de la menuiserie chinoise ancienne — d’autant plus que les bâtiments traditionnels étaient construits sans clous, en s’appuyant à la place sur le célèbre système de consoles dougong (斗拱).

C’est le genre de musée que les amateurs d’architecture apprécieront à coup sûr, et qui permet de mieux comprendre le contexte de nombreuses structures que l’on peut voir à Pékin.


Promenade de l’après-midi pour retourner à Qianmen

Plus tard dans l’après-midi, nous sommes retournés dans le quartier commercial historique autour de la rue de Qianmen.

Qianmen est depuis longtemps l’une des rues les plus célèbres de Pékin, située juste au sud de la place Tiananmen. Sous la dynastie Qing, ce quartier était déjà un marché animé accueillant marchands, voyageurs et fonctionnaires impériaux.

Aujourd’hui, elle a été restaurée pour devenir une rue historique piétonne regorgeant de boutiques, de restaurants et de stands de snacks.

Et oui… nous avons fini par manger à nouveau du canard laqué.

À Pékin, on n’a jamais vraiment l’impression d’en avoir assez après avoir mangé du canard laqué une seule fois.

Regarder le chef découper avec expertise la peau croustillante et la viande tendre du canard fait toujours partie de l’expérience. Le plat lui-même remonte aux cuisines impériales de la dynastie Ming, où il était à l’origine préparé pour la cour royale avant de devenir l’un des produits culinaires les plus célèbres de Pékin.

Pour terminer le repas, nous avons pris une glace au matcha, qui nous a semblé être la pause sucrée idéale après un repas copieux.


Promenade nocturne autour de Shichahai et Nanluoguxiang

Dans la soirée, nous nous sommes dirigés vers le nord, en direction des lacs pittoresques de la zone panoramique de Shichahai.

Shichahai se compose de trois lacs — Qianhai, Houhai et Xihai — et constitue depuis longtemps l’un des quartiers les plus pittoresques du vieux Pékin. Sous la dynastie Yuan, cette zone faisait partie du réseau du Grand Canal et était devenue un centre commercial et un lieu de résidence pour l’aristocratie.

Aujourd’hui, elle regorge de bars, de restaurants et d’établissements animés où la vie nocturne bat son plein.

De là, nous avons flâné dans la célèbre rue hutong de Nanluoguxiang.

Nanluoguxiang est l’une des ruelles hutong les mieux préservées de Pékin, dont l’histoire remonte à plus de 700 ans, à l’époque de la dynastie Yuan. Traditionnellement, les hutongs étaient des ruelles étroites formées par des rangées de maisons à cour intérieure (siheyuan), où des générations de familles vivaient côte à côte.

Cependant, l’ambiance ce soir-là était un peu inattendue.

Pour une raison ou une autre, il n’y avait pas beaucoup de monde, et le quartier nocturne semblait un peu bruyant et chaotique. De nombreuses discothèques et bars diffusaient de la musique à plein volume, ce qui, franchement, rendait certaines parties du quartier moins charmantes que ce à quoi nous nous attendions.

De l’autre côté de la rue, en revanche, on trouvait de charmantes petites boutiques.

L’une des choses que nous avons achetées était un 香囊 (Xiāngnáng) — un sachet parfumé traditionnel chinois.

Autrefois, ces petits sachets brodés étaient remplis d’herbes parfumées et portés pour éloigner les maladies ou les mauvais esprits. Ils étaient particulièrement populaires lors de fêtes comme la Fête des bateaux-dragons, mais aujourd’hui, ils sont également vendus comme souvenirs culturels.

En tenir un entre les mains, c’était comme ramener chez soi un petit bout de tradition chinoise.


Réflexions sur la journée

Avec le recul, cette journée m’a donné l’impression d’être un contraste entre le rituel impérial et la vie urbaine quotidienne.

Le matin, nous nous tenions là où les empereurs priaient autrefois pour le destin de tout un empire. Le soir venu, nous flânions dans des hutongs animés, remplis de musique, de boutiques et de petites trouvailles insolites.

Pékin a ce don : passer sans effort de cinq siècles d’histoire au rythme d’une ville moderne.

Même par une journée froide et bondée, il y a toujours quelque chose de fascinant qui vous attend au détour de la prochaine rue.


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