Towering ice peaks of Muztagh Glacier set against a clear blue sky, with rocky terrain at the base.

Visite du glacier Muztagh n° 2 : l'aventure « non officielle » sur le glacier | Xinjiang

24 septembre 2025

Aujourd’hui, nous nous sommes aventurés jusqu’au glacier n° 2 du Muztagh. La plupart des gens ne visitent que le glacier n° 1, car c’est celui qui est officiellement désigné comme attraction touristique. Le glacier n° 2, quant à lui, reste hors des sentiers battus : pas de billetterie, pas d’infrastructures et pas de route balisée. On ne peut y accéder qu’avec un guide local.

Le Muztagh occupe une place particulière dans la culture locale. Cette montagne, souvent appelée Muztagh Ata, est considérée par de nombreuses communautés comme une présence sacrée et protectrice. Depuis des générations, les bergers et les villageois comptent sur « l’esprit » de la montagne pour voyager en toute sécurité et trouver de bons pâturages. Ainsi, même lorsque vous partez pour une « excursion d’une journée sur le glacier », vous pénétrez en réalité dans un paysage imprégné de traditions, de croyances et d’histoire.

Comment s’y rendre : là où la « route » n’est qu’une idée

Nous avons retrouvé notre guide local tôt le matin et sommes montés dans une autre jeep. Qualifier de « route » ce sur quoi nous roulions serait peut-être un peu exagéré : il s’agissait essentiellement d’une longue étendue de rochers et de sable.

Le trajet était si cahoteux qu’à un moment donné, je me suis littéralement cogné la tête contre le toit. Pendant tout le trajet, je n’ai cessé de penser au proverbe 老马识途 — « un vieux cheval connaît le chemin du retour » — car, à nos yeux, tout cela ressemblait à une étendue déserte et infinie. Pourtant, d’une manière ou d’une autre, notre guide conduisait avec une assurance totale et a su naviguer avec brio dans ce labyrinthe aride jusqu’à ce que nous atteignions un petit groupe de yourtes où nous nous sommes garés.

Arrivée au Glacier n° 2

Bien que le glacier n° 2 ne soit pas un site officiel, il y avait tout de même pas mal de monde dans les environs : des habitants, des voyageurs et des éleveurs proposant des balades à cheval. On peut se rendre au glacier à pied (le chemin est long mais praticable), mais nous avons décidé de monter à cheval. Honnêtement ? C’était sympa, et ça nous a sans aucun doute permis d’économiser de l’énergie pour la marche sur la glace qui nous attendait plus tard.

Notre chauffeur de jeep faisait également office de « guide du glacier » et nous a emmenés vers différents points de vue. Et par « visite guidée », j’entends que nous avons flâné, grimpé sur la glace dans des zones sûres et pris des photos sous tous les angles. Il nous a avertis à plusieurs reprises de faire attention — et malgré ces avertissements, nous avons quand même glissé et sommes tombés. Plusieurs fois. Heureusement, rien de grave, mais oui, marchez lentement.

Il faisait froid sur le glacier, mais nous étions bien équipés. Et comme le vent était modéré ce jour-là, ce n’était pas trop pénible.

À propos du glacier n° 2

Notre guide principal nous a expliqué que l’environnement ici est extrêmement fragile. Certaines parties sont déjà visiblement endommagées parce que les visiteurs marchent sur des zones où la glace est fine. Parmi les quatre glaciers de cette région, le glacier n° 2 est considéré comme le plus beau et le mieux préservé.

Pour être honnête, un glacier, c’est… un gros bloc de glace. Magnifique, certes. Impressionnant, sans aucun doute — surtout parce qu’il offre un contraste saisissant avec les montagnes rocheuses environnantes, aux allures désertiques. Mais il n’est pas aussi vaste que les immenses glaciers que l’on voit dans l’Arctique ou en Scandinavie. Il n’en reste pas moins que c’est une occasion rare de s’approcher de ce type de paysage, surtout dans un endroit aussi inattendu.

Réflexions : géographie, culture et vie dans le sud du Xinjiang

La dure réalité, c’est que le paysage menant au glacier est dénudé et présente presque exclusivement des nuances de brun. Il n’y a pas vraiment de « panorama » tel qu’on pourrait l’imaginer.

Mais ce qui est fascinant, c’est l’histoire humaine.
Des gens vivent ici depuis des milliers d’années — dans un endroit si aride, si sec et si rude. Cette terre a vu passer des caravanes, des empires, des guerres et des échanges culturels, tout cela parce qu’elle se trouvait au cœur de la Route de la Soie. Des civilisations y ont vu le jour, y ont disparu et y ont laissé des ruines — certaines préservées, beaucoup d’autres perdues sans laisser de traces.

À première vue, cette région semble déserte. Mais quand on pense à tout ce que cette terre a vécu et au fait que des gens y vivent encore aujourd’hui, on ne peut s’empêcher d’éprouver un profond respect.

Fin de la journée

La visite du glacier constituait notre principale activité de la journée. Vers 15 h ou 16 h, nous avions terminé et avons pris le chemin du retour. Le temps s’était rafraîchi, nous sommes donc restés à l’intérieur pour nous réchauffer et nous reposer en vue du périple du lendemain.

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