19 décembre 2025

Sintra est un lieu qui semble tout droit sorti d’un conte de fées. Nous y avons récemment fait une excursion d’une journée, et même sous la bruine de mi-décembre, la ville dégageait une certaine magie mélancolique. Si vous êtes passionné d’histoire ou d’architecture, ou si vous souhaitez simplement vous sentir comme un membre de la royauté le temps d’une journée, Sintra est le point d’orgue de tout itinéraire au Portugal.
Les détails pratiques : se rendre de Lisbonne à Sintra
Nous avons commencé notre matinée en nous rendant à la gare de Sete Rios. Depuis notre hôtel, le trajet a été rapide grâce à la carte Navegante (1,66 €). Une fois à Sete Rios, le billet de train pour Sintra ne coûtait que 2,00 €, un prix très abordable.
Astuce de pro : la plupart des touristes se ruent immédiatement sur le bus touristique 434 dès leur arrivée à Sintra. Un pass d’une journée coûte 13 €, tandis qu’un aller simple revient à environ 4 €. Il y a cependant un hic : les chauffeurs de bus ne vendent généralement que les pass d’une journée. Si vous ne souhaitez qu’un aller simple (pour monter en bus et redescendre à pied, comme nous l’avons fait), vous devez vous rendre à leur guichet physique.
Avec le recul, si vous êtes un groupe de deux personnes ou plus, pensez à consulter Bolt ou Uber. Vous pouvez souvent trouver un trajet pour environ 5 € par personne, ou même négocier un trajet en tuk-tuk, ce qui est bien plus amusant !

Le palais de Pena : des couleurs dans les nuages
Le palais de Pena est « le plus grand ». C’est un hommage romantique du XIXe siècle au passé du Portugal.
En remontant à pied à travers le parc brumeux, le palais est apparu comme un rêve au néon. Il a été construit sur les fondations d’un monastère du XVIe siècle, mais le roi Ferdinand II (le « roi artiste ») l’a réinventé en un mélange audacieux de styles néo-gothique, manuélin et islamique. Il y a délibérément intégré des éléments mudéjars – un style développé par les musulmans restés dans les territoires sous domination chrétienne – en hommage aux diverses couches culturelles qui ont façonné le Portugal. Ne manquez pas le Grand Porche des Tritons, où les zelliges islamiques 🕌 côtoient les sculptures maritimes chrétiennes ⚓.
Il existe deux types de billets : « Le Parc » ou « Le Parc et le Palais ». Croyez-moi, optez pour le billet « Palais ». Ça vaut vraiment le coup.
Horaires : les billets sont valables pour un créneau d’entrée de 30 minutes. Bien que l’on dise souvent qu’il faut réserver des semaines à l’avance, nous y sommes allés en hiver et avons trouvé de nombreuses disponibilités la veille même.


La montée : il y a un peu de marche entre l’entrée du parc et le palais lui-même. Vous pouvez payer pour prendre une navette, mais la promenade est magnifique. Il bruinait et il y avait de la brume lors de notre visite, ce qui donnait à la végétation une atmosphère mélancolique et éthérée.
Arrivés au palais à 10 h 30, les couleurs semblaient un peu ternies par la morosité du temps, mais l’architecture reste époustouflante. En tant qu’adulte, on ne peut s’empêcher de s’imprégner de l’histoire, mais si j’étais enfant, je serais fascinée par les escaliers et les recoins secrets. On a vraiment l’impression d’être dans un conte de fées médiéval — quelque chose que l’on ne voit tout simplement pas chez nous, en Asie du Sud-Est.


La longue descente : du château maure à la ville
Laissant derrière nous les couleurs vives et excentriques de Pena, nous avons marché vers la pierre grise et rugueuse du château maure. Ce n’est pas un lieu construit pour sa beauté ; il a été bâti à des fins de surveillance. 👁️
En parcourant les remparts, on comprenait comment les Maures, au VIIIe siècle, avaient utilisé la géographie comme une arme. Les murs ne se contentent pas de reposer sur la montagne : ils serpentent le long de son dos escarpé, conçus pour épouser les crêtes naturelles, ce qui les rend presque impossibles à escalader. On peut encore ressentir ici le poids de la Reconquista ⚔️. Lorsque le roi Afonso Henriques s’empara enfin de cette hauteur en 1147, il choisit de conserver ces remparts, mais il ajouta une chapelle romane au sein de la forteresse, superposant ainsi physiquement une nouvelle foi à l’ancienne forteresse militaire.
Nous sommes arrivés à l’entrée mais avons décidé de ne pas visiter l’intérieur : nous n’étions pas vraiment d’humeur à voir encore plus de murs de pierre à ce moment-là. À la place, nous avons emprunté le sentier qui redescend du château vers le centre-ville.
Il était long, sinueux et incroyablement paisible. Lorsque nous sommes arrivés en bas, nos jambes le faisaient bien sentir ! J’ai éprouvé un immense respect pour les touristes que nous avons croisés en train de gravir ce sentier. Si vous voulez économiser vos forces, prenez sans hésiter un véhicule pour monter et descendez à pied !



La magie de la Quinta da Regaleira
Après une petite balade sur la place de la ville, nous nous sommes dirigés vers la Quinta da Regaleira. Il faut compter environ 20 à 30 minutes de marche en montée depuis le centre.
Ce lieu est immense — bien plus qu’une simple maison. C’est un vaste domaine regorgeant de tunnels cachés, de tours et du célèbre Puits de l’Initiation.
Le Puits d’initiation est une anomalie géographique : une « tour inversée » plongeant à 27 mètres dans le calcaire moussu 🌍. En descendant l’escalier en colimaçon, l’air devient lourd et humide. Le bruit de l’eau s’enfonçant dans l’obscurité résonne étrangement, créant un sentiment d’isolement profond. Ce puits n’était pas destiné à l’eau, mais à des rituels secrets. Marcher dans les tunnels humides au fond donne l’impression d’un voyage spirituel, de l’obscurité vers la lumière 🕯️.
Note historique : La Quinta da Regaleira a été conçue pour refléter les centres d’intérêt de son propriétaire, Carvalho Monteiro, qui était fasciné par l’alchimie, la franc-maçonnerie et les Templiers. Le puits n’était pas destiné à l’eau ; il servait à des fins cérémonielles, symbolisant un voyage des ténèbres vers la lumière.
On pourrait facilement passer deux heures ici, mais en tant que « voyageurs impatients », nous avons poursuivi notre route vers la côte !


À la poursuite du bout du monde : Cabo da Roca et Azenhas do Mar

Nous avons tenté notre chance et nous sommes rendus au Cabo da Roca, le point le plus occidental de l’Europe continentale. Sur le monument, le poète Luís de Camões a écrit : « Là où la terre finit et où la mer commence. » 🌊
Le vent soufflait très fort et le paysage était austère sous la lumière hivernale. Pour être honnête, après avoir vu les caps d’Okinawa, celui-ci m’a semblé un peu trop dépouillé, mais se tenir au « bord » du continent procure tout de même un frisson.

Pour les explorateurs de l’ère des grandes découvertes, ces falaises étaient le dernier aperçu de leur patrie avant de mettre le cap vers l’inconnu.
Nous avons terminé notre parcours à Azenhas do Mar, un village à flanc de falaise où les maisons blanchies à la chaux semblent jaillir de la roche — un véritable régal pour les yeux et pour la photographie. L’endroit semble très prisé des touristes asiatiques : nous y avons croisé plusieurs groupes. Malgré le vent, nous avons pris notre mal en patience pour capturer la photo parfaite du coucher de soleil.

Conclusion et conseils
Nous avons terminé la journée par un dîner fantastique et un verre de porto local. Sintra a sans conteste été le moment fort de notre voyage.
Mes conseils à retenir :
Transport : si vous êtes plus de deux, utilisez Bolt ou Uber. C’est souvent moins cher que les bus touristiques.
Photographie : Sintra est un véritable paradis pour les photographes. Même par temps maussade, les textures et les perspectives sont incroyables.
Saisonnalité : en hiver, il y a moins de monde, mais surveillez la météo : les « couleurs d’hiver » sont un peu plus ternes, alors pensez à emporter une veste aux couleurs vives pour vos photos !
Sintra comble toutes vos envies d’exploration. Que vous descendiez dans un puits en pierre ou que vous contempliez l’Atlantique, c’est une excursion d’une journée que vous n’oublierez pas.











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