Séville | 26 décembre 2025
Notre journée a commencé dans un bureau de tabac local (Estanco). Si vous avez besoin de recharger vos tickets de tram ou de bus, c’est le moyen le plus rapide de le faire. Il s’agit d’une transaction simple, en espèces uniquement, qui vous permet de vous déplacer sans avoir à vous soucier des distributeurs automatiques des stations.
La leçon du palais : le Real Alcázar
Nous avons appris à nos dépens que le Real Alcázar — le plus ancien palais royal encore en activité en Europe — n’est plus un lieu où l’on peut se rendre à l’improviste. Malgré son histoire millénaire en tant que forteresse et palais des califes almohades et des rois chrétiens, la file d’attente actuelle est interminable. Nous avons tenté notre chance, mais le panneau « Complet » était sans appel.
Conseil de WanderAime : si vous souhaitez vous promener sous les arcades mudéjares où a été tournée la série « Game of Thrones », vous devez réserver plusieurs semaines à l’avance. Utilisez le site officiel du Real Alcázar pour éviter la déception que nous avons vécue aux portes.
Le cœur caché : l’Iglesia del Salvador
La file d’attente de la cathédrale faisant le tour du pâté de maisons, nous avons opté pour un détour stratégique. Un billet combiné (environ 11 €) donne accès à la fois à la cathédrale et à l’Iglesia del Salvador, située à seulement cinq minutes de là.
Si la cathédrale est le géant, l’Iglesia del Salvador en est l’âme. Construite sur le site de la mosquée Ibn Adabbas du IXe siècle (qui fut autrefois la principale mosquée de la ville), cette église est un chef-d’œuvre baroque. Mais le véritable trésor se trouve sous ses pieds. Nous sommes descendus dans la crypte souterraine, un espace paisible qui abrite des vestiges romains et wisigoths. En se tenant là, on se rend compte que Séville n’est pas seulement une ville ; c’est un « gâteau à étages historique ». La crypte sert également de dernière demeure aux membres de la famille des Bourbons d’Espagne, ce qui confère au silence une solennité royale particulièrement intense.
Après la fraîcheur ombragée de la crypte, la promenade de retour vers la cathédrale nous a semblé pleine de vie. Nous nous sommes arrêtés dans un petit café pour déguster un chocolat chaud espagnol bien épais – de ceux qui ressemblent davantage à une ganache fondue qu’à une boisson –, parfait pour un matin de décembre.

La grandeur de la cathédrale et l’ascension de la Giralda
La cathédrale de Séville est une déclaration de force gravée dans la pierre. Construite au XVe siècle pour être si grande que « les générations futures nous prendront pour des fous », elle reste la plus grande cathédrale gothique du monde.
- Le moment fort : se tenir devant le tombeau de Christophe Colomb. Son cercueil est porté par quatre figures allégoriques représentant les royaumes de Castille, d’Aragon, de Navarre et de León. C’est un monument émouvant et controversé dédié à un homme dont les ossements ont voyagé presque autant que lui : de l’Espagne à la République dominicaine, puis à Cuba, avant de revenir ici en 1898.
Puis vint la Giralda. Ce clocher emblématique était à l’origine le minaret de la Grande Mosquée. Au lieu d’escaliers, on y trouve 35 rampes inclinées. L’histoire raconte qu’elles ont été conçues pour que le sultan puisse monter à cheval jusqu’au sommet afin d’admirer la vue.
- Astuce de survie : l’ascension est une épreuve de patience. Vers la rampe numéro 30, la foule a tendance à former un goulot d’étranglement. Ne vous précipitez pas ; profitez des petites fenêtres le long du parcours pour reprendre votre souffle et avoir un aperçu des toits.
- Le sommet : Une fois en haut, vous êtes entouré de 24 cloches imposantes. Même si j’ai littéralement entendu certaines personnes dire que ce n’était « qu’une vue de plus sur la ville » et que cela ne valait pas l’effort, j’ai personnellement trouvé cela très agréable. Si vous attendez le coup de l’heure, vous entendrez les cloches sonner — ce n’est pas assourdissant, mais se tenir au milieu de ce bronze vibrant tout en contemplant les toits est une expérience qui vaut la peine de s’attarder.








Paella et les « champignons » modernes
La faim qui nous a pris après l’ascension nous a conduits dans un endroit très prisé près de la cathédrale pour déguster une paella. Dans de nombreuses régions d’Espagne, la paella est un plat à partager à deux, mais ici, nous avons trouvé un établissement proposant des portions individuelles — parfait pour les voyageurs solitaires. Nous avons eu la chance de trouver une table juste avant l’affluence de midi.
Notre dernière étape était Las Setas (Metropol Parasol). Cette gigantesque installation artistique en bois « tordue », située sur la Plaza de la Encarnación, est la plus grande structure en bois au monde. C’est une œuvre d’architecture moderne qui divise, ressemblant à un nuage en nid d’abeille planant au-dessus de ruines romaines. Bien que la passerelle panoramique au sommet soit célèbre, nous sommes restés au rez-de-chaussée. Fin décembre, l’espace se transforme en marché de Noël. L’ambiance y était très familiale, avec de nombreux stands festifs et les rires des enfants. Si vous ne souhaitez pas payer l’accès à l’escalator menant au toit, c’est un endroit charmant pour s’imprégner de l’ambiance festive locale avant de rentrer chez soi.











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