1er janvier 2026 — De Malaga à Tanger
Cette journée me semblait spéciale bien avant même qu’elle ne commence. Ce n’était pas seulement le premier jour de la nouvelle année : c’était la première fois que je posais enfin le pied en Afrique, un rêve que je caressais en silence depuis des années. Il y a quelque chose de symbolique à traverser les continents le jour de l’An, à laisser l’Europe derrière soi pour entrer dans un lieu qui avait toujours fait partie de mon imagination plutôt que de mon expérience vécue.
En même temps, je ressentais une réelle appréhension. Tout ce que nous savions du Maroc, et de l’Afrique en général, provenait principalement d’articles en ligne, de forums et de récits de seconde main. J’avais l’impression que nous nous aventurions en territoire totalement inconnu, sans savoir vraiment à quoi nous attendre au-delà des gros titres, des blogs de voyage et des bribes d’informations sur les réseaux sociaux.
Un départ en douceur : l’aéroport de Málaga
Le voyage lui-même a commencé de manière étonnamment sereine. L’aéroport de Málaga–Costa del Sol fonctionnait de manière efficace et ordonnée ce matin-là. Il n’y avait pas de longues files d’attente à l’immigration, et quitter le territoire espagnol nous a presque semblé décevant pour un voyage aussi important. Le seul moment un peu lent a été l’enregistrement des bagages, mais même cela s’est déroulé rapidement. Comme nous étions arrivés tôt, nous avons eu tout le temps de flâner dans le terminal, en commençant la journée en douceur plutôt qu’en nous précipitant.
Le vol vers l’aéroport Ibn Battouta de Tanger a été court et sans encombre — à peine le temps de réaliser que nous étions sur le point de passer de l’Europe à l’Afrique. En moins d’une heure, la mer Méditerranée, qui avait longtemps relié les civilisations sous nos pieds, marquait désormais une frontière symbolique.
Première prise de conscience : l’aéroport de Tanger
Le passage à l’immigration à Tanger s’est également déroulé de manière étonnamment fluide. Pas de chaos, pas de procédures intimidantes, pas de longs interrogatoires — juste des tampons, des agents polis, et le tour était joué. Mais presque immédiatement après la douane, la réalité nous a rattrapées.
Tout d’abord, mon amie a découvert que sa valise était cassée. Ce n’était pas catastrophique, mais cela signifiait qu’il fallait se rendre au bureau des bagages pour déposer une réclamation. Heureusement, les agents étaient aimables et efficaces. La procédure a été traitée relativement rapidement, mais cela restait une complication inutile — le genre de petit contretemps qui vous rappelle que les voyages se déroulent rarement exactement comme prévu.
Puis vint le problème le plus grave : l’argent liquide.
Le système monétaire fermé du Maroc (et pourquoi c’est important)
Le Maroc dispose d’un système monétaire relativement fermé. Le dirham marocain (MAD) ne peut être obtenu légalement en dehors du pays, ce qui signifie que la plupart des voyageurs comptent sur les distributeurs automatiques à leur arrivée. Malheureusement pour nous, les choses ne se sont pas déroulées sans encombre. Ma carte ne permettait pas de retirer d’argent, et celle de mon compagnon affichait un solde insuffisant. Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés coincés dans un pays où l’argent liquide reste roi.
Heureusement, nous avions encore des euros sur nous. Les guichets de change de l’aéroport sont devenus notre bouée de sauvetage, nous permettant de changer juste ce qu’il fallait pour continuer notre voyage. Cela nous a brutalement rappelé qu’il fallait toujours emporter de l’argent liquide de secours lorsqu’on entre dans des pays soumis à des contrôles des changes.
Conseil : emportez toujours quelques euros ou dollars américains au Maroc en cas d’urgence. Tous les distributeurs ne fonctionnent pas avec les cartes étrangères, surtout dans les aéroports.
Se déplacer : la réalité des taxis à l’aéroport
Le transport constituait le défi suivant. Ne sachant pas trop à quoi nous en tenir concernant les taxis locaux, les tarifs ou les modes de paiement, nous avons opté pour le service officiel de taxis de l’aéroport. Il fallait payer en espèces — heureusement, ce n’était plus un problème à ce moment-là. Bien que légèrement plus cher, ce service offrait une tranquillité d’esprit aux visiteurs venant pour la première fois.
Depuis l’aéroport, nous nous sommes dirigés vers notre hôtel situé près de la baie de Tanger, à proximité de la zone portuaire — un emplacement stratégique qui vous place entre l’ancienne médina et la ville moderne.
Premières impressions de Tanger
Notre hôtel donnait sur la baie, et après une longue journée, cela nous a semblé être une petite récompense. Tanger, historiquement connue comme une porte entre l’Afrique et l’Europe, a toujours été une ville de passages : Phéniciens, Romains, Arabes, Européens et artistes y ont tous fait escale. Assis au bord de la baie, il était facile d’imaginer ces siècles de voyageurs arrivant avec ce même mélange d’excitation et d’incertitude.
Le Maroc semblait un peu plus chaud que l’Espagne, même en janvier. L’air était plus doux, porté par une brise marine constante. Nous avons flâné le long de la corniche de Tanger, en regardant le coucher de soleil s’étendre sur la baie, tandis que la ville épousait doucement le littoral.



La surprise des prix : la nourriture à Tanger
Une chose qui nous a vraiment surpris, c’est le coût de la nourriture. De nombreux cafés et restaurants de type fast-food des environs facturaient 100 dirhams ou plus par plat — soit environ 50 RM — pour des plats comme des pizzas ou des tacos. Comparé à ce que nous avons connu en Chine ou au Japon, cela nous a semblé étonnamment cher, surtout pour des plats que l’on considérerait normalement comme décontractés ou de type «rue» chez nous.
C’était peut-être dû au quartier — la proximité de la baie et du port a tendance à faire grimper les prix —, mais cela nous a tout de même ouvert les yeux. Après tout, Tanger est une grande ville portuaire fortement influencée par l’Europe, et les prix pratiqués dans certains quartiers reflètent ce caractère international.
Une ville au bord de la mer
Nous avons longé la baie avant de revenir sur nos pas, en nous laissant caresser par la brise marine. La vue panoramique sur le front de mer de Tanger était magnifique : des bâtiments modernes se fondant dans les quartiers plus anciens, des navires ancrés au large, et le sentiment de se trouver à la croisée des continents.
Historiquement, Tanger a toujours été tournée vers l’extérieur. Depuis l’époque où elle était une zone internationale au XXe siècle jusqu’à son rôle actuel de pont entre l’Europe et l’Afrique, la ville n’a jamais été ni purement marocaine ni purement étrangère — elle se situe quelque part entre les deux.
Au moment où nous sommes rentrés à l’hôtel, la fatigue a fini par nous rattraper. La journée avait été longue — tant sur le plan émotionnel que logistique — mais aussi profondément enrichissante. Ce premier jour de l’année s’est achevé dans le calme, avec le réconfort de savoir qu’un rêve de longue date venait enfin de commencer.
L’Afrique, enfin.












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