8 janvier 2026
De Merzouga à Ouarzazate
Je me suis réveillé à Merzouga par une nouvelle matinée glaciale. Le désert à l’aube est trompeur : doré sur les photos, impitoyable en termes de température. Il faisait si froid que j’ai vraiment eu du mal à quitter la chaleur des couvertures, même si nous devions partir vers 9 heures.
Finalement, je me suis glissé dehors pour jeter un coup d’œil rapide au lever du soleil sur les dunes de l’Erg Chebbi. À la lumière du jour, les dunes retrouvent leur dignité tranquille. Le mode « survie » de la nuit précédente — colmater les interstices des portes avec du ruban adhésif et superposer tous les vêtements possibles — semblait presque surréaliste sous la douce lumière du matin.
Après le petit-déjeuner, nous avons fait du stop avec d’autres personnes pour retourner au point de rendez-vous principal. C’est là que l’organisation s’est effondrée.

La logistique du désert que personne n’explique
Si vous n’avez jamais fait de circuit de plusieurs jours dans le Sahara, voici comment cela se passe :
tout le monde quitte son camp respectif à peu près au même moment. Certains repartent vers Marrakech, d’autres vers Fès, et d’autres encore — comme nous — continuent leur route.
Les différentes agences font appel à des chauffeurs sous-traitants. Les groupes se rejoignent, se séparent, se recomposent. Les consignes sont souvent minimales.
Le point de rendez-vous était légèrement chaotique. Pas de panneaux, pas de noms clairement annoncés. Juste des groupes de touristes à moitié endormis scrutant les visages, dans l’espoir que quelqu’un les reconnaisse. Nous avons envoyé un message à notre chauffeur ; il nous a rappelés pour nous dire que quelqu’un viendrait nous chercher. Cette assurance n’a guère atténué l’incertitude que nous ressentions, là, debout dans le froid, à regarder les bagages s’empiler dans des fourgonnettes dépareillées.
Tout cela semblait improvisé — mais c’est assez typique de la logistique des itinéraires dans le désert du sud du Maroc, où les opérateurs locaux se coordonnent de manière informelle le long de couloirs de voyage établis de longue date.

Sur les traces de l’ancienne route des caravanes
Le deuxième jour retrace une partie de l’ancienne route commerciale transsaharienne qui reliait autrefois l’Afrique de l’Ouest à des villes impériales comme Fès et Marrakech. Les caravanes transportaient du sel, de l’or, des textiles et des récits à travers ce territoire. Aujourd’hui, les touristes empruntent des routes similaires — heureusement en minibus plutôt qu’à dos de chameau.
Notre premier arrêt majeur : les gorges du Todra, près de Tinghir.
La gorge offre un spectacle grandiose que les photos parviennent rarement à rendre. Des parois calcaires imposantes s’élèvent à près de 300 mètres, formant un canyon étroit sculpté par des siècles d’érosion fluviale. Le contraste entre la roche à pic et le mince ruban d’eau en contrebas est saisissant. Après les tons feutrés du désert, cette échelle verticale prend une dimension presque architecturale.
Il faisait froid — encore une fois — mais c’était magnifique. Les falaises escarpées m’ont davantage marqué que bon nombre des petits arrêts en bord de route, qui se confondent dans ma mémoire.






La vallée du Dadès et le paysage des kasbahs
Nous avons poursuivi notre route vers la vallée du Dadès, souvent surnommée la « vallée des mille kasbahs ».
Les kasbahs — des demeures fortifiées en terre construites par des familles amazighs (berbères) — protégeaient autrefois les routes commerciales et les villages agricoles. Construites en terre battue et en paille, leurs teintes naturelles se fondent dans le paysage. À la lumière hivernale, elles ressemblent presque à des ruines — une sorte de belle décrépitude.
Le temps a amplifié cette impression. Air froid, ciel terne, silhouettes de briques de terre crue se découpant sur des montagnes pâles.
À un moment donné sur ce tronçon, j’ai cru avoir perdu mon écharpe. Légère panique. Elle a refait surface plus tard dans un autre sac — contrairement à l’écouteur sans fil de mon ami, qui avait bel et bien disparu. Les routes du désert ont le don de réclamer de petits sacrifices.
La longue route vers Ouarzazate
Le trajet était long et, comme d’habitude, je somnolais par intermittence. Les road trips dans le désert condensent les souvenirs : monter dans le van, en descendre, de brefs arrêts photo, des bribes de conversation. Le duo mère-fille grec qui voyageait avec nous a apporté un peu de chaleur à cette atmosphère par ailleurs plutôt morose. Un inconfort partagé crée une camaraderie tranquille.
En fin d’après-midi, nous sommes arrivés à Ouarzazate — souvent surnommée la « porte du Sahara ».
Nous avons tenté de visiter les studios Atlas, l’un des plus grands studios de cinéma au monde, où ont été tournés des films comme Gladiator et Game of Thrones. Malheureusement, nous sommes arrivés juste après la fermeture (vers 17 h), et nous avons donc dû abandonner notre projet.
Petit rappel : en hiver, les journées sont plus courtes que ce à quoi on pourrait s’attendre au Maroc.

Transport et conseils pratiques (spécifiques au jour 2)
1. Confirmez les détails de la prise en charge la veille au soir.
Les circuits dans le désert font souvent appel à des chauffeurs sous-traitants. Demandez à l’avance un nom, un numéro d’immatriculation ou un contact WhatsApp. Je ne sais pas si c’est toujours possible d’obtenir ces informations, mais il vaut mieux être préparé dans la mesure du possible.
2. Attendez-vous à des remaniements au sein du groupe.
C’est généralement le deuxième jour, lorsque vous quittez le désert, que les itinéraires se séparent. Préparez-vous mentalement à une certaine imprévisibilité logistique.
3. Horaires d’Atlas Studios.
Les heures d’ouverture s’étendent généralement jusqu’à environ 17 h (variables selon la saison). Si vous vous y rendez en hiver, assurez-vous que votre itinéraire vous permette d’arriver avant 16 h.
4. Pauses repas.
Si votre groupe préfère réduire le nombre de pauses déjeuner, communiquez-le clairement. Les longs trajets dans le désert peuvent être légèrement raccourcis si tout le monde est d’accord.
5. Réalités hivernales.
En décembre, les températures dans le sud du Maroc peuvent avoisiner zéro degré le matin et le soir. Habillez-vous en plusieurs couches — surtout pour les arrêts dans les canyons comme les gorges du Todra, où l’ombre retient l’air froid.
Réflexions
La deuxième journée m’a semblé moins spectaculaire que le coucher de soleil sur les dunes, mais plutôt une étape de transition — un pont entre le désert et les montagnes.
Il faisait plus froid que prévu. C’était un peu chaotique. Certains moments sont restés flous à cause de la fatigue.
Mais avec le recul, cette étape a révélé quelque chose d’important : le voyage au Sahara ne se résume pas aux dunes. Il s’agit d’un mouvement — à travers le temps géologique dans les falaises du Todra, à travers l’histoire des caravanes dans le Dadès, et à travers l’infrastructure touristique stratifiée du Maroc moderne.
Tous les jours de voyage ne sont pas spectaculaires. Certains ne sont que des maillons de liaison.
Et pourtant, sans cette route, le désert resterait isolé plutôt que compris.
C’était notre deuxième jour sur la route du Sahara.










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