3 janvier 2026
De Tanger à la capitale côtière du Maroc
Nous avons quitté Tanger tôt le matin pour rejoindre Rabat. Le trajet s’est effectué sur une ligne ferroviaire récente et moderne — sièges confortables, prises de recharge à bord, trajet en douceur — bien que légèrement plus chère que les anciennes lignes. C’était un jour de pluie et, à notre arrivée, nous avons dû marcher sous la bruine jusqu’à notre hôtel, qui nous a heureusement permis de nous enregistrer plus tôt que prévu.


Malgré le temps, nous avons décidé d’explorer le centre-ville et la médina. Notre première mission : nous procurer une carte SIM locale. Au départ, nous avions envisagé d’utiliser l’itinérance, mais le forfait d’itinérance proposé par l’opérateur marocain était d’un coût prohibitif : 1 Go pour plus de 128 RM ! Les cartes SIM locales sont abordables et offrent un bon volume de données : nous voulions une carte Maroc, mais la plupart des magasins étaient fermés ; nous avons donc opté pour Orange, qui proposait 15 Go pour 70 dirhams, une offre raisonnable.


Nécropole de Chellah : ruines romaines et islamiques
Nous avons ensuite visité la nécropole de Chellah, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO alliant des fondations romaines et une architecture islamique de l’époque mérinide. Au départ, s’y rendre en bus s’est avéré déroutant : les questions sur le prix du billet et la gestion de la monnaie ont demandé des efforts, compliqués par une légère barrière linguistique. Le trajet en bus coûtait 6,5 dirhams, ce qui nous a semblé un peu cher pour un trajet aussi court ; avec le recul, prendre un taxi aurait peut-être été plus simple et plus rapide.
Nous sommes entrés sans guide. Certaines personnes nous ont proposé des visites guidées, mais nous avons poliment décliné. En parcourant les ruines, les cigognes nichant sur les murs anciens constituaient le véritable point fort : un spectacle magnifique de la vie qui s’épanouit au sommet de pierres vieilles de plusieurs siècles. Le temps pluvieux et maussade rendait la visite un peu moins agréable, mais il ajoutait une ambiance mystique.
Contexte historique : Chellah remonte à l’époque romaine sous le nom de Sala Colonia, puis a été aménagée au XIVe siècle par la dynastie des Mérinides pour servir de nécropole. Son mélange d’arcades islamiques, de minarets et de tombeaux témoigne de l’histoire riche en conquêtes et en civilisations du Maroc.






La tour Hassan et le mausolée de Mohammed V
Depuis Chellah, nous avons pris un taxi pour nous rendre à la tour Hassan et au mausolée de Mohammed V. Malgré l’affluence, la place ouverte dégageait une impression de paix et de grandeur.
La tour Hassan, dont la construction fut commandée en 1195 par le sultan Yacoub al-Mansour, devait être la plus grande mosquée du monde islamique occidental, mais elle resta inachevée après la mort de ce dernier. Situé juste à côté, le mausolée de Mohammed V, construit au XXe siècle, rend hommage aux rois modernes du Maroc. Il allie l’architecture traditionnelle marocaine à des touches contemporaines, à des marbres finement ouvragés et à des carreaux de zellij (mosaïque) minutieusement travaillés.
Note historique : La tour et le mausolée symbolisent l’importance politique et religieuse de Rabat au fil des siècles, servant de repères pour l’érudition islamique, l’autorité royale et la défense côtière.






La kasbah d’Oudaya : forteresse côtière et rues tranquilles
Nous nous sommes ensuite rendus à pied à la kasbah de l’Oudaya, forteresse du XIIe siècle située à l’embouchure du fleuve. Bien que plus petite et plus compacte que les zones côtières de Tanger, elle est riche en histoire et en architecture. Des rangées de maisons blanchies à la chaux rehaussées de touches de bleu forment un décor serein et photogénique, tandis que les vues sur la côte laissent entrevoir la puissance de l’Atlantique.
La kasbah a été construite sous la dynastie almohade en tant que forteresse militaire, puis s’est transformée en résidence royale. Aujourd’hui, c’est un haut lieu culturel doté de jardins, de musées et de rues paisibles, qui reflète l’histoire du Maroc en matière de défense stratégique et de développement urbain le long de la côte.
Conseil : visitez-la tôt dans la journée pour éviter la foule et profiter d’une meilleure lumière pour vos photos.




Remarques sur les transports : Rabat en toute simplicité
- Taxis : tous équipés de compteurs ; fiables et réglementés, contrairement à d’autres villes marocaines où le marchandage est courant.
- Bus : tarifs modiques, il faut souvent avoir l’appoint, et les chauffeurs ne parlent pas toujours anglais.
- À pied : les jours de pluie, des chaussures imperméables peuvent être nécessaires ; les rues peuvent être glissantes.
- Cartes SIM : Orange ou Maroc ; les cartes SIM locales sont abordables et offrent des forfaits data généreux.
Réflexions d’un jour de pluie
Malgré la pluie et quelques contretemps logistiques, Rabat s’est révélée calme, historique et ordonnée — un contraste saisissant avec l’effervescence du port de Tanger. Même si nous n’avons pas exploré toutes les rues, le mélange d’architecture romaine, islamique et marocaine moderne, les cigognes de Chellah et les ruelles côtières bleu et blanc d’Oudaya ont rendu cette journée inoubliable.
Rabat n’impressionne peut-être pas les visiteurs par ses spectacles grandioses, mais elle récompense la patience, la curiosité et le souci du détail.











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